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Comme prévu, transition sur Truc de Fou d’E.sy Kennenga…

(Ça fait un mois que le billet devait être posté, quelques petits problèmes techniques font que le voici maintenant : bonne lecture people).

Alors déjà, c’est tout bêtement que je suis arrivée sur ces événements, tout bêtement en décidant de me pencher cette fois sur le XXème Siècle et tout ce qu’il représente dans sa complexité, l’héritage qu’il représente dans cette introduction au XXIème… 

Mais, particulièrement ces émeutes de décembre 1959, sont en fait un moment totalement décisif dans l’histoire de la Martinique, à la naissance d’un nationalisme et dans le prolongement des revendications sociales du peuple (après l’affaire Aubéry et la mort d’Aliker, puis le Carbet mais aussi Basse Pointe, l’OJAM,… nous aurons le temps de nous attarder dessus plus intensément…)

Et puis, la fève de tout ça, ben c’est que cette année 2015, il se trouve que dimanche 20, lundi 21, mardi 22 décembre tombent tout comme cette année 1959… Cette année avec ces trois jours sanglants, qui bien que trois jours, sont à considérer de façon un peu plus complexe.

Posons d’abord le contexte !

Nous sommes donc en 1959,

  • le contexte international est celui de la décolonisation, mais également celui de la guerre froide.
  • Au niveau régional (géographiquement parlant) dans la Caraïbe : Cuba en 1959.
  • La Martinique est un département Français, le premier préfet en fonction de 1947 à 1950 : Louis Trouillé, se comporte comme un gouverneur, il gouverne seul, mène une politique répressive et autoritaire et les préfets qui lui succèdent de même (nous essayerons d’ailleurs d’aborder sur le blog les événements tels que ceux du Carbet en 1948, l’Affaire des 16 de Basse-Pointe en 1948, ou l’Affaire de l’OJAM mais également Chalvet en 1974 de façon transversale, pour se rendre compte qu’il y a 15 ans nous étions encore dans un siècle où les conditions de travail étaient encore terribles, et également un siècle où s’est développer le conscience d’un peuple autant pour ses revendications sociales que pour sa conscience nationale : ces évènements de décembre 1959 puis l’affaire de l’OJAM).
  • Le rapport est difficile entre la population et la communauté française qui se comporte comme en pays conquis. Les fonctionnaires luttent pour obtenir les mêmes avantages que leurs collègues français dans les DOM qui ont de nombreux avantages (primes 40% de vie chère).
  • Les communistes sont à l’initiative de la départementalisation en 1946 la remettent en cause. Ils perdent en Césaire en 1957 qui crée deux ans plus tard le PPM.
  • À la fin des années 50, la Martinique passe du monde de l’habitation à la ville mais l’agriculture assure encore l’essentiel des revenus. Il y a un exode rural en direction de Fort de France qui entraîne le développement des quartiers populaires de la ville.
  • À cette même période, la Martinique est aux limites de l’explosion démographique : avec un excédent naturel mais aussi, l’accroissement naturel est d’environ 30%. Et la population de 267 000 habitants et plus de 50% de celle-ci a moins de 20 ans. Il y a ainsi une forte croissance démographique à Fort-de-France en cette période d’exode rural.
  • Une urbanisation certaine est constatable, une précarité certaine est aussi présente à Fort-de-France notamment avec l’apparition de nouveaux impôts et également de nouveaux commerces vont ettre en place une société de consommation et causer la disparition de nombreux petits métiers.
  • La départementalisation en 1947 (il devrait aussi y avoir un article qui fait le point sur la base de la politique en Martinique et les « grandes dates » du XXième siècle à ce propos) a entrainé le développement d’emplois dans le secteur tertiaire cepandant occupés par des français et des pieds-noirs. Mais de nouvelles infrastructures sont nécessaires à ce contexte et vont profiter au secteur de la construction et du bâtiment.

Il y a donc à cette époque une situation socio-économique difficile et des rapoprts entre les communauté françaises et martiniquaises tendus.

Dans ce contexte tendu, le feu aux poudres seramis avec l’intervention brutale des CRS sur la Savane de Fort-de-France le dimanche 20 décembre 1959.

I. Dimanche 20 décembre 1959

L’élément déclencheur ? Un accident de circulation vers 18 heures près de la Savane qui oppose un Martiniquais à scooter Frantz Moffat à un automobiliste français André Baldie. Ce dernier renverse le scooter de Moffat en garant sa voiture. S’ensuit alors une bagarre entre les deux hommes. Rien de plus banal… Cependant, avec le contexte cet incident va s’aggraver. Les CRS arrivent pour dissiper les présents sur le lieux de l’accrochage puis, la foule importante qui écoute l’orchestre Buena Concepciòn  sur la Savane, cette brutalité n’est pas acceptée et c’est finalement grâce à l’arrivée des policiers et des gendarmes que les CRS se retirent dans leur caserne : le Fort Saint Louis.

Le bruit circule qu’un appel téléphonique aurait été lancé aux CRS depuis l’Hôtel de l’Europe (siège de l’Amicale des anciens d’Afrique du Nord, restaurant préféré des CRS et autres fonctionnaires. Une pluie de pierre s’y abat, puis gendarmerie et police réussisse à ramener le calme.

Mais les affrontements reprennent à 20 heures et s’étendent à plusieurs structures situées en bordures de la Savane ainsi qu’au Prisunic (un des nouveaux commerces) du centre-ville.

II. Lundi 21 décembre 1959

Les CRS et les gendarmes multiplient les rondes durant la journée. Ces dernières sont perçues comme une provocation de trop, le préfet fait alors consigner les CRS et réclame un renfort de 3 pelotons de gendarmes au préfet de la Guadeloupe.

En fin d’après-midi, la foule grossit sur la Savane et la tension monte. Des groupes se forment, des dégâts matériels sont à constatés notamment sur le kiosque Bédiat, les chaises en métal et les bouteilles de ce derniers servent de projectiles à contre l’Hôtel de l’Europe (où sont hébergés notamment les pied-noirs).

La police en première ligne tire en l’air, s’en suit une chasse aux manifestants et aux curieux. Christian Marajo est tué à la croisée des rues de la République et de la rue actuellement nommée Moreau de Jones. Edmond Eloi Véronique dit Rosile est tué à l’actuelle rue Redoute du Matouba près du cinéma Olympia. Ces deux jeunes étaient respectivement agés de 15 et 21 ans.

Accusés de leur mort, les policiers deviennent les cibles prioritaires des manifestants.

III. Mardi 22 décembre 1959

    Le préfet prend la décision d’isoler les émeutiers. Il organise pour cela deux rencontres :

Tout d’abord : une avec la presse afin de mettre fin aux rumeurs incriminant les policiers dans la mort des deux jeunes. Ainsi est lancée l’idée que les émeutiers seraient armés et responsables de ces morts.

La seconde rencontre avec les autorités. Où il s’agit de donner l’impression que ces dernières cautionnent la thèse officielle mais également de les pousser à se désolidariser des émeutiers.

Les appels aux calme se succèdent dans la journée du lundi.

Radio et presse écrite diffuse également un appel au calme collectif de 16 signataires toutes tendances politiques dont les communistes. Mais ces derniers réclament notamment le départ des CRS et des racistes.

Mais l’interdiction de rassemblement de la préfecture n’est pas respectée. Les gendarmes aux Morne-Pichevin sont débordés, tirent à balle réelle à plusieurs reprise. Une autre victime est tuée : Julien Betzi 19ans et quatre autres manifestants bléssés.

La réaction des autorités face à ces jours sanglants est la suivante :

Face à la détermination des émeutiers, le discours du préfet se fait de plus en plus menaçant. Une déclaration de guerre, une instauration de couvre-feu qui était refusé la veille par les signataires de l’appel collectif, accélération des arrestations.

Bref, la disproportion des moyens s’accentue donc et le rapport de force conduit au calme ! Et aucun attroupement, ni affrontement n’est signalé dans la soirée du mercredi.

Le parti communiste par Georges Gratiant, propose une réunion extraordinaire du Conseil Général.

La séance exceptionnelle des conseillers généraux avec le préfet se conclue sur une motion votée à l’unanimité dont le premier point est le retrait immédiat de tous les C.R.S et des éléments racistes indésirables ». Mais c’est l’audace politique de celle-ci qui frappe, avec cette demande essentielle : que « des conversations soient entamées immédiatement entre les représentants qualifiés des Martiniquais et le Gouvernement pour modifier le statut politique de la Martinique, en vue d’obtenir la gestion des affaires martiniquaises ».

Je vous invite à consulter le document ci joint qui récapitule clairement les revendications de cette séance.

Les solutions à ce soulèvement du peuple :

  • Renforcement de moyens matériels et humains : 400 milions de francs consacrés à la construction de gendarmeries, matériel militaire lourd, gendarmes, gardes-mobiles, le SMA (Service Militaire Adapté) du général Némo est conçu pour donner une formation professionnelle à des jeunes mais également pour repeupler la Guyane. On reconnait derrière ces mesures le remplacement de militaires martiniquais et guadeloupéens par d’autre venus de France. On parle de ce plan comme d’une « déportation déguisée ».
  •  Une vraie répression politique, avec la volonté du nouveau préfet de chasser les opposants politiques, ce qui est permis avec l’ordonnance du 15 octobre 1960 qui lui permet de muter d’autorité tout fonctionnaire dont le « comportement est de nature à troubler l’ordre public ». Ainsi :  Les principaux dirigeants du PCM Walter Guitteaud, inspecteur des PPT, Georges Mauvois inspecteur principal adjoint des PPT (Postes, Télégraphes et Téléphones), Armand Nicolas professeur d’Histoire au Lycée Schoelcher furent mutés d’office en France en août 1961. Ils refusent et sont alors radiés de la fonction publique. Deux mois plus tard, dirigeant du Parti et de la Jeunesse communiste, Guy Dufond, chargé d’enseignement au Lycée Schoelcher fut à son tour muté en France, refusa et fut également révoqué.
  • Le BUMIDOM (je rééditerai surement bientôt le billet dessus avec quelques nouveaux éléments) décrit comme un « Génocide par substitution » par Césaire et qui est une des solutions prises par le gouvernement face au message du peuple en Décembre 1959.

Décembre 1959, une « révolte urbaine contre la justice et la brutalité des CRS » comme le dit Marie-Hélène LEOTIN. « Une invitation à explorer d’autres voies, celles qui conduisent au Nous-mêmes » comme le disent Richard Chateau-Dégat et Louis-Georges Placide.

Alors qu’il est bien plus probable que les émeutiers aient agi sans quelconque stratégie politique que le contraire, cet événement aura vu l’unanimité de la classe politique martiniquaise.

Je vois en ce XXième siècle ce qu’on ne peut même plus imaginé en ce XXIième : un siècle où les conditions de vie étaient affreusement déplorable. Où la société d’Habitation s’est faite allégorie de l’esclavage. Un siècle de revendications sociales, siècle de l’émergence d’une conscience collective sur la question du nationalisme. Frantz Fanon voit d’ailleurs dans ces événements de décembre 59 une « manifestation de l’esprit national martiniquais ». Tout ça s’accompagnera d’ailleurs de l’émergence du mouvement de l’OJAM.

Je vois un siècle où toutes les revendications n’ont pas abouties, mais je ne vois pas où elles sont passées. Comme si la page c’était tournée avec ce nouveau siècle.

En toute sincérité, je crois qu’elles se sont enfouie au sein même du peuple qui de temps en temps le nomme ce mal être, de temps en temps l’érupte (je crois que c’est un néologisme, voyez-y un écho à l’éruption : si non, nous dirons « l’éructe » pour rendre le terme moins poétique, plus humain et authentique : en fait c’est la même action : exprimer, faire péter le gaz qui monte), tout comme 2009… Mais ? (Je ne veux pas faire la révolution avec mon petit billet lool ! Mais c’est mon ressenti).

Justement, je me rappelle, il y a deux ans, juste à la suite du post sur le BUMIDOM, une âme bien éclairée sur la question m’avait donné, surement sans vraiment s’en rendre compte, pleins de petites pistes qui m’ont mis l’eau à la bouche, m’ont intriguées, m’ont appelées à me questionner, aujourd’hui, c’est un peu comme des pièces d’un puzzle qu’on remet en place, qu’on essaye de comprendre… Voilà, je suis motivée et fascinée !

Pour l’instant, j’ai pleins de petites pistes, il me faut les remettre dans l’ordre afin de vous partager tout ça ^^

 

span>span>Sources 

  • span>Mon plus fidèle acolyte Le Cahier du Patrimoine #27 ! Cette fois, particulièrement : Les émeutes de Décembre 1959 : un tournant historique » de Richard Chateau-Degat et Louis-Georges Placide.
  • Et puis j’ai découvert un magnifique bijoux, très bien conçu, dont l’organisation est en bonne cohésion avec mes questionnements. Habiter le monde ; Martinique 1946-2006 , de Marie-Hélène Léotin.

span>Et puis, j’aurai l’occasion d’aborder cet événement dans un contexte plus large en abordant l’affaire de l’OJAM bientôt. Qui est un pan de l’Histoire déclenché notamment en grande partie par ces événements de décembre 1959. 

Devoir de mémoire : Une plaque commémorative posé par Serge Letchimy alors député-maire de Fort-de-France, date du 21 décembre 2009. On y trouve une citation de Césaire : 

« Notre malheureux pays se meurt de haines stériles, de polémiques idiotes, de divisions stupides. Ces morts de décembre ne doivent pas devenir une cause supplémentaire de division. Ces morts n’appartiennent à personne sinon au peuple martiniquais tout entier. Cette émeute doit servir, oui. Mais au pays. Et elle ne servira au pays que si elle sert à l’union raisonnable, à l’union loyale de tous les martiniquais, de tous les démocrates contre l’injustice et le racisme, contre l’oppression et la tyrannie ».

 

Extrait de l’article juste en dessous !

Décembre 1959 : "Manifestation de l'esprit rebelle martiniquais"

Vidéo de l’INA gratuitement (peut-être pas si légalement que ça par contre) disponible par là qui aborde le sujet .

Et vous, que ressentez-vous face à tout ça ? Qu’en pensez-vous ?

PS 1 : pardon, je n’ai pas trouvé beaucoup d’images ! (Même si il me semblait qu’il y avait des éléments des archives départementales à propos des évènements diponibles en ligne… quelqu’un saurait ce qu’il en est ?)
PS 2 : l’intitulé de l’article est une citation de Marie-Hélène Léotin.
PS 3 :  Je le rappelle, Alychouette n’est pas une Historienne, ceci est un simple partage (dans la notion de partage, il y a celle de l’échange, alors n’hésitez pas à commenter)…
A très vite !!!
XOXO,
Alyhouette
XOXO,
Alyhouette

Alychouette aime la poésie dans les mots, les images, les photos, les yeux, les sourires, les instants, les lieux… Elle aime la mangrove, l’eau et naviguer dessus, les randonnées, les belles personnes (un peu tout le monde quoi), elle aime apprendre et partager, elle aime les médias : radio et web particulièrement pour leur capacité à favoriser le partage ! La suite sur la page "Présentation" ;-)

2 Comments

MathCrln

février 14, 2016

Bonjour,
C’est un très bon article, très bien structuré, et surtout très instructif ! On en apprend beaucoup sur l’histoire de son pays. On en apprend sur des évènements dont on ne soupçonnait même pas l’existence, ou tout simplement auxquels on a jamais choisi de s’intéresser. Mais, c’est l’histoire de notre pays, c’est notre histoire, notre culture. Nous sommes en général trop concentrés sur nos petites vies, nos petits trains trains pour voir la vie sur un plan plus large. Donc je te remercie @Alychouette pour ce bel article, un peu long, mais vraiment bien structuré. On sent dans tes mots la passion, l’inspiration. Il s’agit peut-être d’un domaine qui n’intéresse pas beaucoup d’entre nous, mais, de ce que l’on peut lire entre les lignes, il te passionne. Alors, je veux bien m’abonner à cette série d’articles/billets que tu nous proposeras sur l’histoire de la Martinique.

Merci à toi pour cet article, surtout ne t’arrête pas !

MathCrln.

Répondre

Alychouette

février 16, 2016

Hello MathCrln,

Je suis touchée par ton joli commentaire.
Merci beaucoup!
Heureuse que ça ne parle pas qu’à moi !

Alychouette 🙂

Répondre

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